En te renseignant sur la facture électronique, tu croises trois sigles : PA, PDP, PPF. Décryptage — et surtout, la démarche concrète qui t’attend, parce qu’il y en a une.
Les termes, sans jargon
- PA — Plateforme Agréée : l’intermédiaire immatriculé par la DGFiP par lequel transitent les factures électroniques B2B. C’est le terme officiel depuis 2025.
- PDP — Plateforme de Dématérialisation Partenaire : l’ancien nom de la PA. Tu verras encore « PDP » un peu partout ; c’est la même chose.
- PPF — Portail Public de Facturation : le service de l’État, recentré sur l’annuaire des entreprises et la concentration des données d’e-reporting. Le canal gratuit de dépôt direct de factures a été abandonné en 2024.
Cette dernière ligne est la plus importante. Comme il n’y a plus de voie publique gratuite pour déposer une facture, passer par une plateforme agréée n’est pas une option : c’est le seul chemin.
Pourquoi ça te concerne directement
Depuis le 1ᵉʳ septembre 2026, toute entreprise assujettie à la TVA doit pouvoir recevoir une facture électronique. Concrètement, cela suppose deux choses :
- être raccordé à une plateforme agréée, qui reçoit les factures pour ton compte ;
- être référencé dans l’annuaire du PPF, pour que la plateforme de ton client sache où t’adresser sa facture.
C’est ta plateforme qui te déclare à l’annuaire. Sans raccordement, tu es invisible : tes clients ne peuvent plus te facturer dans les règles, et toi, à partir de septembre 2027, tu ne pourras plus émettre.
Non, ton logiciel ne s’en occupe pas forcément
On lit souvent qu’il suffit de choisir un bon logiciel de facturation et que le reste suit. C’est vrai pour certains, faux pour beaucoup, et l’ambiguïté coûte cher.
Un opérateur de dématérialisation (OD) produit et met en forme tes factures, mais ne les transmet pas lui-même : il s’appuie sur une PA, ou te laisse brancher la tienne. Une plateforme agréée fait les deux. Ce ne sont pas les mêmes métiers, et l’immatriculation ne concerne que la seconde.
La question à poser à ton outil est donc simple, et elle appelle une réponse par oui ou par non : est-ce que mon raccordement à une plateforme agréée est inclus, ou dois-je en choisir une moi-même ?
Comment en choisir une
La DGFiP publie la liste officielle des plateformes immatriculées, en deux volets : celles qui remplissent toutes les conditions, et celles en attente d’immatriculation définitive. Ne retiens que la première liste.
Trois critères pratiques départagent les candidates :
- La tarification au volume. Plusieurs plateformes sont gratuites en dessous d’un certain nombre de factures par mois, ce qui couvre l’usage d’un indépendant.
- L’interopérabilité Peppol, si tu factures hors de France.
- La reprise de l’existant : vérifie que ta plateforme sait recevoir pour toi dès maintenant, même si tu n’émets pas encore électroniquement.
Attention au vocabulaire marketing
Méfie-toi des formules comme « certifiée par l’État ». Le terme exact est immatriculée DGFiP. Une immatriculation s’obtient pour trois ans, renouvelable, et se vérifie sur la liste officielle. C’est un gage de sérieux, mais ce n’est pas une « certification » au sens courant — et aucune plateforme ne peut te garantir ta propre conformité à ta place.
Avec ASAP
ASAP est un outil de facturation : il génère tes factures au format Factur-X attendu par la réforme les valide avant émission, puis les transmet via SuperPDP, plateforme agréée immatriculée par la DGFiP. Tu n’as pas de raccordement à faire de ton côté.
Pour aller plus loin : le calendrier 2026-2027 ou le module de facturation.